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Be my Angel Part 1

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Dec. 28th, 2014 | 03:12 pm
mood: travailleur
music: Face Down - Arashi

Title: Be my Angel (1/2)
Rating : M
Length : OS
Pairing : OhMiya~
Summary : Une nuit, Nino découvre un homme nu et complètement perdu dans sa cuisine...
Note : Mon premier OS sur OhMiya que j'ai écris il y a plus d'un ans.

[Be my Angel]De petites perles glacées s’échouèrent sur sa joue, bientôt suivie par d’autre qui finirent par envelopper son corps entièrement. Il sursauta sous ce contacte gelé avant d’ouvrir les yeux complètement perdu. Que s’était-il passé ? La pluie qui le fit frissonner lui fit remarquer sous quelle condition il venait d’ouvrir les paupières, en effet son corps était totalement nu. Qu’est-ce que cela signifie ? Ses yeux firent le tour des lieux, où était-il ? Des arbres ! C’est tout ce qui l’entourait, une forêt ?
Un mal de tête le prit violemment, le forçant à y porter sa main Il remarqua qu’il ne portait qu’un minuscule bracelet en argent où était gravé « Ohno Satoshi ». Il s’attarda sur l’inscription l’air interrogateur, qui était-ce ? Il réfléchit un instant puis écarquilla les yeux, qu’importe comment, où ou encore pourquoi, la véritable question était qui ? Qui était-il ? Les yeux clos il tenta de se concentrer mais rien ne vint. Il ne parvint pas à se rappeler du moindre souvenir le concernant. Étrangement, cette situation ne l’effraya pas. Il se leva et commença à marcher dans une direction absolument inconnue tout en observant les éléments qui l’entouraient comme si c’était la première fois qu’il les voyait… Enfin peut être était-ce le cas quelque part. Tout en avançant il porta son attention sur ses doigts trempés par la pluie. Cette vue le rendit curieux, sa peau luisante le troubla, tel qu’il n’aperçu que trop tard le mur de briques face à lui. Il s’y écrasa de toute sa personne avant de basculer en arrière et de heurter durement le sol. Il se redressa, une sensation bizarre au front. De ses doigts, il l’effleura. Cette fois-ci sa peau avait changée de couleur. Les étoiles avaient déjà envahis le ciel mais il comprit que la couleur qu’il apercevait n’était pas la même que son corps, elle était bien plus foncée. Il fit une petite moue puis haussa les épaules avant de se relever. Il détailla l’imposant mur blanc en face de lui, c’était très impressionnant ! Il était plat lorsque l’on le regardait de face mais quand on s’approchait on pouvait remarquer de petites pointes y ressortir. Cela le fascina un moment, mais il découvrit une ouverture à quelques pas de lui. Sans y réfléchir il s’y engouffra.
Le contraste de température le surprit, il frissonné moins mais ses membres bougeaient toujours autant. Il s’entoura de ses bras machinalement se frottant de ses mains. L’effet que produisaient ces mouvements le réchauffa quelque peu et c’était loin de lui déplaire. Il continua cependant qu’il se balada dans ce lieu. Plusieurs meubles y trônaient. Sans comprendre pourquoi il comprit à quoi servait chacun d’entre eux. Le fauteuil de cuir noir pour s’y asseoir, la table basse en verre pour y déposer des choses. Néanmoins, un grand carré sombre et plat face au canapé le laissa curieux. Il y posa son doigt et poussa légèrement dessus, voyant que l’objet ne bougeait pas d’un pouce il pressa plus fortement jusqu’à s’aider de sa main. Cette fois-ci ça fonctionna mais le carré bascula et se renversa sur le sol dans un fracas assourdissant. Il sursauta et couru vers une autre ouverture de la pièce. Sa respiration s’était accélérée et il sentit quelque chose cogner dans sa poitrine.
- Hum… Bizarre. Murmura-t-il.
Il plongea les yeux vers le carré en morceau sur le sol puis haussa une nouvelle fois les épaules avant de s’engager en direction d’une autre porte. Sa main glissa sur le mur puis, dans un presque imperceptible clic, une lumière l’aveugla. Sa vue se troubla instantanément l’obligeant à détourner la tête. Il mit plusieurs secondes à s’habituer clignant une dizaine de fois des yeux. Ce qu’il vu ne l’admira pas plus que ça par la suite, c’était comme s’il connaissait déjà toutes ces choses. Une table, un lavabo, un four… Rien de nouveau ?
Comme un automate il se déplaça vers le réfrigérateur et l’ouvra. Là ! Ce fut l’incompréhension complète. Tous ce qui peuplait le frigo lui était étranger, il n’y avait pas grand-chose mais assai pour le rendre confus. Il prit une espèce de cylindre vert et s’interrogea. Quelque chose bougeait à l’intérieur mais il ne parvint pas à trouver comment le voir, cela le frustra.
Brusquement, un frisson lui parcouru l’échine dorsale. Ce n’était pas parce qu’il avait froid, non ! C’était tout autre chose. Il se redressa et tourna lentement la tête sur le côté. Ce qu’il vue l’effraya plus d’avantage que le carré se fracassant sur le sol. Un homme se tenait à ses côtés une batte à la main au dessus de sa tête. Ce fut comme si une alarme se déclenchait dans sa boîte crânienne. Il se mit à crier le plus fort possible terrifiant l’attaquant qui, promptement, hurla à son tour provoquant tour à tour d’autres cris. Au bout d’un certain temps le jeune inconnu amnésique stoppa ses hurlements, sa gorge en feu.
- Qui êtes-vous ? S’écria l’autre.
Calmé, il s’approcha du jeune homme à la batte. Maintenant qu’il le regardait mieux et que cette étrange réaction de panique l’avait quittée, il put le détailler. Depuis son réveille ce fut la première fois qu’il croisait quelque chose d’aussi beau et au fond de lui il se surprit à en être heureux. Même s’il continuait de le menacer de confondre sa tête avec une balle de baseball, il était persuadé qu’il ne s’exécuterait pas. Il était un peu plus petit que lui et avait un corps vraiment frêle. Des lèvres légèrement rougies, un nez aquilin et de petits yeux de couleur noisette mit en valeur par des cheveux blonds retombant négligemment de par et d’autre de son fin visage. Cet homme le troubla, il était d’une beauté à couper le souffle, comme jamais il n’en avait vu…
- Que… Ne vous approchez pas ! Se braqua l’homme.
- Waouh ! Vous êtes vraiment beau ! Lâcha-t-il.
- Qu’est-ce que vous racontez ? Vous allez bien ?
Il continuait de s’approchait au fur et à mesure que son homologue, lui, reculait jusqu’à ce qu’il atteigne le mur. La nudité de l’inconnu le mit d’avantage mal à l’aise. Il se cramponna à sa batte de baseball à présent collée contre sa poitrine. L’amnésique le détaillait avec une telle intensité, qu’une seconde, il tomba dans le piège de ses yeux ténébreux. Cet homme avait-il perdu la tête ? Brusquement, son regard changea. Il devint curieusement triste. Il fit une petite moue puis recula de deux bons mètres avant de se retourner légèrement, soulageant le plus petit.
- En faite. Commença l’étranger. Je ne sais pas qui je suis. Je me suis éveillé non loin d’ici en tenue d’Adam et sans le moindre souvenir… La fin de sa phrase s’évanouit dans sa gorge.
Le jeune homme le toisa du regard. C’est vrai qu’il avait l’air perdu et mal en point. Il était trempé et son arcade était baigné de sang, il disait peut être la vérité…
Il posa sa batte sur la table puis retira son peignoir afin de lui poser sur ses épaules où il remarqua deux petites ailes d’anges tatouées. L’inconnu le laissa faire mais ne semblait pas vouloir le quitter des yeux.
- Je vais appeler la police. Ne bougez pas de là. L’informa-t-il en lui donnant de quoi nettoyer l’entaille qu’il avait au dessus de l’œil.
Il attrapa son téléphone et fila dans la pièce à côté où il aperçu son écran plat disloqué sur le sol. Il écarquilla les yeux puis revint sur ses pas. Le jeune étranger avait ramené ses jambes contre lui et les avait entouré de ses bras, il examinait la pièce d’un œil curieux ne quittant pas cette moue indescriptible qui malgré tout était à croquer… Le propriétaire des lieux soupira puis partit en direction de sa chambre où il contacta le poste de police. Plusieurs sonneries se firent entendre mais personne ne daigna répondre, en même temps il était plus de trois heures de matin. Il raccrocha puis se résigna, il n’allait tout de même pas mettre à la porte à homme amnésique et nu.
Il s’apprêta à retourner dans la cuisine lorsqu’il aperçu l’inconnu au pas de sa porte, il tressaillit.
- Excusez-moi. Dit-il d’une petite voix. Je ne voulais pas vous faire peur. C’est juste que… je ne veux pas être tout seul.
- Je n’arrive pas à les joindre. Nous les contacterons demain, en attendant vous pouvez prendre le canapé pour la nuit. Dit-il simplement en détournant les yeux.
L’étranger hocha la tête en lui adressa un sourire reconnaissant. Le plus jeune lui emboita le pas et le conduisit dans le salon où, pendant qu’il ramassait ce qu’il restait de sa télévision, l’amnésique enfila un pyjama qu’il lui avait prêté.
Une fois installé, le propriétaire vérifia la fenêtre puis lui souhaita bonne nuit mais avant qu’il puisse quitter la pièce l’inconnu lui attrapa le poignet.
- Ano… Comment vous appelez-vous ? S’enquit-il.
- Kazunari… Ninomiya. Répondit le jeune homme avant de lui adresser un sourire et de rejoindre sa chambre.

Le lendemain matin, c’est avec difficulté que Kazunari ouvrit les yeux. Les rayons du soleil filtraient faiblement à travers les stores de sa chambre. Soupirant il se demanda un instant si toute cette affaire de la veille n’avait été qu’un rêve. Cet amnésique nu avait-il vraiment fait irruption dans sa maison pendant la nuit et casser sa télé ? Un mouvement derrière lui le l’alerta. Il se paralysa aussitôt, un bras enlaça sa taille et un corps chaud se colla à son dos. Qu’est-ce que c’est que ce délire ? Pensa-t-il. Il avala difficilement sa salive puis, prenant son courage à deux mains, se retourna lentement. Il se retrouva à quelques centimètres du visage endormis de l’inconnu. Ce n’était donc pas un rêve ! Le souffle du jeune étranger se mélangeait au sien, il était vraiment très proche. Immédiatement, Ninomiya le poussa violemment basculant en même temps en arrière. Il se retrouva au sol une douleur insaisissable se propageant dans le bas de son dos. L’amnésique se réveilla aussi perdu que la veille, les cheveux en batailles, les yeux à demis clos.
- C’est quoi ton problème ?! Hurla-t-il en se frottant les fesses.
Le jeune homme prit le temps de bailler et de frotter ses yeux avant de répondre.
- Je te les dis, je ne veux pas être seul. Dit-il d’une voix endormie.
- Attends ! Tu te fiche de moi ! Je ne te permets ce genre de chose. Je suis décidément trop gentil et…
- J’ai peur. Le coupa-t-il en baissant la tête.
Kazunari se tut. Son expression lui fut tellement de peine qu’elle lui retira toute colère instantanément. Une petite culpabilité prit le dessus et il se sentit inopinément honteux d’avoir crié sur cet homme alors qu’il était dans une situation très difficile. C’est vrai qu’un inconnu n’a pas à faire ce genre de truc mais le repousser n’était certes pas la chose à faire.
- Bon ! Se résigna-t-il. Tu peux utiliser la salle de bain pendant que je prépare le petit-déjeuner, je t’ai préparé des vêtements. Nous nous rendrons au commissariat tout de suite après.
- Hai ! S’exclama l’inconnu ayant retrouvé son petit sourire.
L’amnésique se rendit donc dans la salle d’eau indiqué par Ninomiya où il trouva effectivement un tas de linge pour lui. Il fit rapidement le tour de la pièce, elle était affreusement petite et la baignoire y prenait toute la largeur. Il ôta son pyjama puis grimpa dedans dans l’optique de prendre une douche mais quelques produits exposés devant lui l’interpelèrent. Leurs couleurs, leur formes mais surtout leurs odeurs le surprirent. Il déversa chacun d’entre eux sur son corps, s’enivrant de chaque parfum qui emplit les lieux. Cependant le liquide qui s’échappait de son flacon respectif coulant le long de son corps eut raison de remplir le bain ce qui entraina un glissement de terrain important. Il tenta vainement de se rattraper mais il fut emporté.
Le bruit de ce vacarme alerta Kazunari qui accouru dans la pièce. Lorsqu’il aperçu le travail de l’inconnu son sang ne fit qu’un tour. En tombant, il avait déclenché l’eau de la douche et des dizaines de bulles volaient à présent à travers la pièce. Mais en discernant le jeune homme affalé dans la baignoire, il s’y jeta inquiet.
- Hey ! Parles-moi ! Ça va ? Cria-t-il en l’extirpant de la cuve blanche.
L’étranger s’accrocha à son bras mais son corps fut tellement huileux et lourd qu’ils glissèrent tous deux sur le sol, le gluant se retrouvant sur le plus jeune. Brusquement, et contre toute attente il se mit à rire comme un fou. Il venait d’embrasser le fond de la douche puis d’écraser le pauvre Ninomiya et tout ce qu’il trouva à faire était d’éclater de rire à s’en décrocher la mâchoire ?! Ce type est vraiment bizarre ! Pensa le plus petit. Pourtant son rire fut tellement expansif qu’il contamina le blond qui gloussa à son tour.

Une fois la salle de bain un temps soit peu nettoyé et l’amnésique de service habillé, Ninomiya l’attira dans la cuisine et lui servit un café. Après s’être relevé de l’incident il s’était dit qu’il valait mieux garder un œil sur cet homme à catastrophe. Le quitter des yeux une seconde s’avéré dangereux pour les objets de cette maison. Le calme ayant reprit place il décida d’essayer de percer un peu le mystère.
- Alors comme ça, tu dis que tu ne te souviens plus de rien ? Demanda-t-il en portant sa tasse fumante à ses lèvres.
- C’est ça. Je ne parviens pas à me rappeler d’un simple petit détail… même pas mon prénom. Enfin, j’ai ça ! Indiqua-t-il en montrant la gourmette gravée autour de son poigné.
- Ohno Satoshi. Lut le plus jeune. Tu pense que ce serait ton nom ?
- Peut être. En tout cas c’est la seule chose que je possède réellement depuis mon réveille.
- Où t’ais-tu réveillé ? S’enquit Kazunari.
- Á quelques mètres de là, dans la forêt… Ne, Ninomiya ?
- Oui ?
- Merci de m’aider.
Le plus jeune avala son liquide noir de travers et faillit s’étouffer. Il n’avait vraiment pas du tout l’habitude des politesses. Il toussota, tentant comme il put de cacher son embarra, puis comme s’il n’y avait pas d’autre choix, il engloutit tout son café d’un trait se brûlant la langue et la gorge. Quel crétin ! Pensa-t-il une fois le mal fait. Pourquoi était-il gêné par cet homme ?

Un peu plus tard, les deux jeunes hommes se retrouvèrent dans le centre de la ville, au poste de police. Kazunari remarqua que son amnésique affichait très souvent une moue particulièrement adorable lorsqu’il portait un peu trop d’attention sur un objet. Même s’il s’était ardemment frappé mentalement en pensant cela il fallait admettre qu’il était loin d’avoir tort.
Ils attendaient patiemment qu’un agent daigne enfin les accueillir lorsqu’un homme bien portant s’installa à la gauche du jeune homme sans mémoire. Le contraste qui s’y joua amusa pleinement celui-ci. Lui devait faire dans les quarante-cinq kilos alors que l’inconnu devait facilement atteindre les quatre-vingt kilos de muscle, autant dire qu’il y avait de quoi ironiser. Par ailleurs, la discrétion étant totalement étrangère au plus fin, il porta ses petits doigts sur les bras de Monsieur muscle et palpa sans hésitation. L’homme lui jeta un regard surprit avant d’attraper sa main et de la balancer, cependant loin d’être résigné, le jeune homme recommença mais cette fois-ci sur sa cuisse. Ninomiya, qui avait porté son attention sur un policier non loin d’eux en espérant qu’enfin quelqu’un viendrait les voir, redirigea son regard sur son amnésique. Ce qu’il vu le pétrifia. Tenait-il vraiment à la vie ? Monsieur « J’ai tout oublié » avait tout bonnement agacé Monsieur pectoraux qui sans surprise l’attrapa par le col de sa chemise et le souleva. Le jeune homme quitta le sol mais n’effaça pas pour autant cette éternelle moue enfantine.
- Croyez-vous que nos corps soient entièrement différents ? Questionna-t-il. J’aimerais comparer chaque endroit.
- Non mais pour qui tu te prends ?! Répliqua l’homme.
- Je ne sais pas de quoi vous parlez. Avez-vous déjà fait ça avant ?
- Teme ! Je vais te faire la peau…
- Oh ! C’est intéressant ! Comment procéderez-vous ?
L’homme resserra sa prise, il était remonté et il y avait de quoi. Le regard sanglant du muscle sur pattes fit frissonner le jeune Ninomiya qui même s’il ne faisait nullement le poids, savait qu’il devait intervenir avant que la situation ne tourne en catastrophe. Il chercha désespérément dans sa tête comment contourner le fait que ces pectoraux faisaient deux fois la taille de sa petite personne avant de passer à l’action. Il trouva la solution, même s’il regretterait par la suite il s’en fichait du moment que son amnésique s’en sorte indemne.
Il se leva et avec une assurance qui n’était pas la sienne, posa sa main sur le bras de Monsieur Musclor comme pour apaiser un animal enragé.
- Veuillez excuser mon ami Monsieur. Il ne sait pas vraiment ce qu’il fait. Voyez-vous il est un peu… comment dirais-je… atteint de folie. Expliqua-t-il en affichant un sourire faux.
Afin d’agrémenter son discours, il fourra sa main dans sa poche et y sortit un billet qu’il glissa dans celle de l’animal féroce.
Celui-ci le toisa avant de relâcher le jeune homme en soupirant. Ninomiya n’était pas fier de ce qu’il venait d’accomplir mais au fond de lui il était persuadé que ça en valait la peine. Il avait apprit, plus jeune, que dans des situations pareils l’argents demeurait le seul moyen de résoudre les conflits.
- Waouh ! S’exclama-t-il. Mais que font ces agents de polices ?!
Il reporta son attention sur son compagnon qui restait tête baissé comme s’il était blessé. Kazunari s’interrogea. Que lui prenait-il ?
- Alors c’est comme ça ? Demanda le plus vieux d’une voix faible.
- Eh ?
- Je suis fou pour toi ?
Ninomiya écarquilla les yeux. Quel imbécile !! Pensa-t-il. Cet homme a perdu la mémoire et toi tu ne trouve rien d’autre à faire que de le traiter d’aliéné… Bravo Ninomiya Kazunari !!
- Non. Attend. C’est pas ce que j’ai voulu dire… Tenta-t-il.
- Mais tu l’a dis. Le coupa l’amnésique.
Son regard changea du tout au tout. L’expression adorable et curieuse qu’il l’avait accoutumé à voir, disparue en une fraction de seconde. Ninomiya l’avait vexé et celui-ci commençait vraiment à culpabiliser.
- Merci de m’avoir aidé. Reparti le plus vieux. Mais je peux me débrouiller seul maintenant.
Ce fut comme si chacun de ses mots avaient frappés les tympans du jeune homme. Il n’en revenait pas, il était en train de lui dire qu’il pouvait se passer de ses services ? Inconsciemment, Kazunari reçu comme une décharge électrique qui le parcouru de tout son être, une certaine déception prenant le dessus. Mais il ne pouvait absolument rien dire car, après tout, il en était la cause…
Il hocha la tête doucement puis résigné quitta les lieux sans un mot.
Dans sa voiture, il enroula le volant de ses bras et y posa le menton, incapable de démarrer le véhicule. Il s’en voulait vraiment, ses mots avaient franchis ses lèvres sans arrière pensées. En même temps, il essaya de relativiser, après tout cet homme avait fait irruption dans sa maison, avait renversé sa télévision, ruiné tout ses produits de toilettes et même inondé sa salle de bain… Cependant, et même s’il ne le connaissait que depuis à peine quelques heures, il avait commençait à s’habituer à sa présence. Il est vrai qu’elle avait bousculée son quotidien, lui qui la veille s’était plaint que sa vie était d’une redondance incroyable, voilà qu’un homme nu entre dans celle-ci. Vous parlez d’un coup du destin !
Il soupira, une énième fois depuis qu’il avait prit place dans son automobile. Décidément, la vie lui aura tout réservé. Il roula des yeux puis se redirigea vers le poste de police.
Il entra dans cette sorte de salle d’attente où il jeta promptement un regard à l’emplacement où il avait laissé son amnésique, elle était vide. Il parcouru l’ensemble de la pièce mais il avait disparu. Attrapant un agent qui passait par là, il le questionna. Il lui informa que le jeune homme avait quitté le poste peut après que lui ne soit partit. Une panique s’empara rapidement de Ninomiya. Cet homme qui était incapable de différencier un shampoing d’un savon, errait seul dans la ville !
Sans y réfléchir d’avantage, il s’élança vers la sortie. Dehors, les rues étaient bondées de monde. Le bruit assourdissant de la ville résonnait dans sa tête. Sa respiration se fit saccadée, il devinait sans souci l’état dans lequel le pauvre amnésique devait être, perdu, effrayé, apeuré ! Qui sait où il se trouvait dans cette immense ville fourmilière ?!
- Ninomiya ?
Son nom retentit comme un écho, coupant court à sa panique extrême. Il se retourna et l’aperçu.
- Mais où tu étais bordel ? S’enquit-il durement.
- Ben dans le bâtiment, j’ai fais un tour dans les étages. Répondit simplement le jeune homme.
Le plus jeune se sentit soudainement très idiot. Il avait été bête de paniquer aussi facilement. D’autant plus que cet homme lui avait demandait de partir plusieurs minutes auparavant.
- Bon… Ben je vais y aller alors. Proposa Ninomiya même si quelque part il n’en avait pas l’envi.
- Attends ! Le retint l’amnésique. Est-ce que… tu t’inquiétais pour moi ?
Une violente rougeur s’empara des joues du blond. S’inquiéter ! Ce n’était pas vraiment le mot, plutôt de la peur… Oui, la peur qu’il lui arrive un mauvais truc. Il détourna les yeux, toussotant par moment.
- Je te demande sincèrement pardon pour tout à l’heure. Tu n’es pas fou. S’excusa-t-il tout-à-coup. Jamais je ne penserai ça de toi. Tu veux bien me pardonner ?
Le plus vieux sembla réfléchir. Il faisait durer l’instant et, sans le dissimuler, prenait un véritable plaisir à le faire attendre.
- Très bien ! J’accepte tes excuses. Proclama-t-il après d’interminables secondes. Mais il y a une condition.
- Laquelle ?
- J’avoue que je ne suis pas très futé, alors… apprends-moi ! Tous ce qu’il faut savoir, explique le moi !
Il y avait une telle détermination et une telle soif de connaissance dans son regard que Ninomiya ne put refuser sa proposition. De plus, il lui devait bien ça.

Ils passèrent la journée dans le centre ville. Il avait été décidé que rentrer n’aurait pas été le meilleur moyen de faire découvrir les choses au jeune amnésique. Comme l’a t’on souligné, la meilleure façon d’apprendre c’est de la vivre. Et ce fut exactement ce que pensa le blond. Ils traversèrent donc la ville de boutique en boutique, de restaurant en restaurant, de bar en bar, écumant tous ce qu’il y avait à voir. Ils visitèrent aussi un musée dans lequel Ninomiya put découvrir que le jeune homme avait un faible pour la peinture. Il apprit aussi qu’il connaissait certaine chose et d’autre lui paraissait complètement inconnue.
La raison qui les avait poussés à rejoindre le centre les avait complètement quittés. Aucun des deux ne fit allusion au poste de police, se préoccupant simplement de l’instant présent et de ce qu’ils apprenaient.

Le soir arriva très vite, au plus grand désarroi du plus vieux qui avait émit ses plaintes sur l’injustice du temps dans la voiture. Kazunari quand à lui n’avait pas cessé de sourire durant la journée, chose qu’il avait totalement perdu l’habitude depuis plusieurs semaines.
Á peine furent-ils entrés dans la maison que l’amnésique couru dans le jardin. Il avait remarqué que le ciel était dégagé et qu’il était superbe. Les étoiles scintillaient magnifiquement et la température était favorable pour rester à cette place. Le jeune homme prit une grande bouffée d’air puis décida avec fermeté le programme de cette soirée. Il revint sur ses pas afin de rejoindre le blond dans le salon. Celui-ci était en train d’ôter sa chemise tout en écoutant les messages de son répondeur.
« Message reçu aujourd’hui à 13h36 : Nino ! Je sais que je m’y prends un peu à l’avance mais demain je serai probablement pris toute la journée, alors… O tanjôbi Omedêto !! J’espère que tu ne passeras pas ta journée enfermé dans ton bureau et que tu profiteras pour prendre un grand bol d’air frais. Vas donc faire un tour du côté de Shibuya hein ? Sors un peu de ton trou et rends visite à tes vieux potes, tu veux bien ? On s’ennuis vraiment tous sans toi !! Bref ! Si jamais tu décidais de passer par là, fais-nous un signe. Allez ! Je dois te laisser. J’te fais de gros bisous Mr.Shoulderbag. Et à bientôt j’espère. »
Le jeune blond resta un moment figé, le regard perdu dans le vide. Il avait oublié son anniversaire. Un petit bruit lui indiqua qu’il n’était pas seul dans la pièce. Il se retourna et trouva son amnésique à demi caché par le rideau de la porte fenêtre.
Celui-ci lui sourit timidement avant de lui exposer son plan pour la soirée, s’allonger sur l’herbe et contempler les étoiles. Ce n’était pas comme ça qu’il envisageait sa soirée mais Ninomiya accepta volontiers, il avait grandement besoin de se détendre et le regard de chien battu de son homologue en était aussi peut être pour quelque chose.
Ils préparèrent donc tous ce qu’ils avaient besoin, couvertures, oreillers et boissons puis s’installèrent côte à côte. Un petit vent s’était levé mais les deux jeunes hommes ne semblèrent pas s’en rendre compte. Ils étaient justes là, dans le silence, à contempler les constellations.
Au bout d’un certain moment le plus vieux brisa tout de même le silence.
- C’est ton anniversaire demain ? Demanda-t-il.
- Oui. Mais je n’aime pas vraiment organiser ce genre de moment.
- Qu’est-ce que tu fais en général ?
- Rien de particulier. Je ne veux pas changer mes habitudes juste sous prétexte que c’est un jour spécial pour moi. Je reste dans mon bureau et je travail, c’est tout.
Le blond continuait de fixer ces petites boules de lumières qui brillaient dans le ciel sombre, un petit sourire mélancolique se dessinant sur son visage. Le plus vieux chercha indéfiniment à comprendre pourquoi il affichait une telle expression. Il avait l’air si triste que même lui senti son cœur se serrer. Tout ce qu’il trouva à faire fut de se blottir contre lui entrelaçant ses doigts aux siens comme s’il voulait lui transmettre un peu de chaleur. Le jeune homme se laissa faire, même s’il n’était pas friand de ce genre de contact il devait admettre que ses efforts lui promulguaient du réconfort et il lui en était très reconnaissant. Il n’était peut être qu’un étranger mais Ninomiya savait que cet homme était une personne capable de l’écouter et de le comprendre.
- En faite. Recommença-t-il. Même quand j’étais petit je ne le fêtais pas. Ma mère m’a toujours dit que ce n’était qu’une perte de temps, que le monde continuait son chemin et qu’il n’allait surement pas s’arrêter pour si peu. Je suppose que j’en ai pris l’habitude… Il rit tristement. Ma mère à toujours était un peu tyrannique et très attachée à la perfection, en particulier celle de son travail. « Les affaires ne vont pas s’arrêter pour toi ! » Me disait-elle. Et c’était juste, elles ne se sont jamais arrêtées pour quoique ce soit. Je me retrouvais systématiquement seul lors de ces jours si spéciaux. C’est ainsi !
Il soupira longuement essayant de rester neutre mais le souvenir d’un passé solitaire sans l’amour maternel peut-il nous laisser de marbre ? Une larme roula le long de sa joue et s’échoua sur celle du plus vieux.
- Le passé c’est le passé ! Lâcha celui-ci surprenant son homologue. Je ne connais pas le mien mais ça ne m’empêche pas d’avancer. Je ne sais pas ce que tu as dû éprouver mais d’après ce que j’ai pu comprendre tu as l’air d’être très bien entouré alors ne t’enferme pas dans ce bureau sous prétexte que ta mère te l’a accoutumé. C’est le moment de faire enfin ce que tu veux et de profiter de ta vie comme tu l’entends.
Il agrémenta son discours d’un petit clin d’œil accompagné d’un magnifique sourire qui réchauffa le cœur du petit blond. Ce dernier resserra sa prise autour de ses doigts et posa sa tête contre la sienne.
- Merci… Oh-chan. Murmura-t-il.
Oh-chan. Le nom qu’il avait prononcé emballa le rythme cardiaque du concerné. Qu’importe si l’inscription du nom sur le bracelet n’était pas le sien, la façon dont Ninomiya l’avait énoncé lui paru comme une affirmation, il s’appelait Ohno Satoshi !
Ils continuèrent à scruter les étoiles jusqu’à ce que chacun d’entre eux s’endorme épuisés mais heureux de cette journée.

Le lendemain matin, Ohno s’éveilla sous le chant des oiseaux. Quelle douce manière de quitter les bras de Morphée ! Il se rappela vaguement le songe qui avait occupé sa nuit, il rougit promptement en se rendant compte qu’il avait un rapport avec Ninomiya. Il remarqua bien vite qu’ils s’étaient endormis tous les deux à l’extérieur de la maison mais ce détail l’importuna peu. Non, ce qui l’attira ce fut la position dans laquelle ils se trouvaient. Kazunari lui faisait dos mais lui l’enlaçait encore, d’ailleurs une de ses mains s’était innocemment faufilée sous le T-shirt du jeune homme où ses doigts frôlaient de temps en temps son ventre lisse.
Brusquement, un autre détail lui prit toute son attention. Il n’aurait put dire si c’était à cause de son rêve ou de la position qu’ils arboraient mais l’effet qui s’y était engendré l’embarrassa grandement. Le jeune blond fit un mouvement qui rendu le plus vieux hautement fiévreux, plus Kazunari bougeait plus il s’y frottait. Ohno tenta désespérément de ne pas émettre le moindre son, car il fallait l’avouer cette sensation était loin d’être désagréable… Des milliers de frissons l’envahirent. Il devait à tout prit s’éloigner du jeune homme ! Il commença par retirer sa main de son haut puis essaya d’extirper tant bien que mal son autre bras de dessous la tête du blond mais ce fut ce moment qu’il choisit pour ouvrir les yeux et se retourner. Oh-chan se tétanisa face à son visage somnolant et égaré. En d’autre circonstance il aurait pu le trouver extrêmement adorable mais là ce n’était pas vraiment la première chose qui lui traversa l’esprit.
Le plus jeune lui lança un regard interrogateur, il avait très bien remarqué son expression affolée. Il s’apprêta à baisser les yeux mais en une fraction de seconde Ohno roula sur lui-même le faisant basculer de droite à gauche. Il prit le premier coussin qui lui passa sous la main et le colla contre son entre-jambes avant de se sauver en courant. Ninomiya le regarda fuir confus. Que lui prend-t-il ? Se questionna-t-il. Puis se repassant la scène il se figea prenant une jolie teinte rouge. Il venait de comprendre la raison pour laquelle Oh-chan venait de prendre la poudre d’Escampette.

Quelques minutes plus tard il décida de réintégrer la maison. Terriblement gêné il ne pouvait tout de même pas éviter le jeune homme, il ferait face… c’est tout. Il replia les couvertures lorsque la sonnette de la porte retentie. Il s’empressa d’aller répondre et fut agréablement surprit en apercevant son meilleur ami derrière la porte.
- HAPPY BIRTHDAY !!! Cria celui-ci en prenant son ami dans ses bras.
- Jun ?! Mais je croyais que tu avais du travail.
- Et j’en ai. Je passais juste dans le coin alors je me suis dis que je pouvais au moins te faire une petite surprise. Sourit-il en lui tendant un paquet.
- Oh ! J tu n’aurais pas dû !
- Tu sais très bien que je ne me refuse jamais rien en ce qu’il concerne mes plus proches amis.
Une petite toux se fit entendre de l’autre côté du couloir. Jun et Ninomiya se retournèrent et virent le jeune amnésique à la porte de la salle de bain entouré d’une simple serviette. Kazunari pensa immédiatement à la douche froide qu’il venait sans doute de prendre, cela lui fit détourner les yeux de son corps humide.
- Qui est-ce ? Chuchota son meilleur ami.
- Ë to… C’est Ohno Satoshi. Un… ami. Chercha le jeune homme.
Il est vrai qu’il ne savait pas vraiment comment le présenter. Comment pouvait-il le faire… « Je te présente l’amnésique nu qui à fait irruption chez moi hier, Ohno Satoshi ! » Non, il ne pouvait pas et puis c’était trop long à dire de toute manière…
- Ohno, je te présente Matsumoto Jun, mon meilleur ami. Continu-t-il.
Jun se courba afin de saluer Oh-chan. Ce dernier en fit de même quoiqu’un peu moins poliment car il ne lui répondit que par un simple hochement de tête. Les deux jeunes hommes se lancèrent un sombre regard auquel ils étaient incapables d’expliquer.
- Je vais y aller. Reprit Jun. J’ai encore du travail. Je repasserai quand j’aurai plus de temps.
Il enlaça le jeune homme à l’en étouffer jetant un dernier regard malicieux en direction d’Ohno puis se retira laissant un Ninomiya tout sourire. Sourire qui évidemment ne passa pas inaperçu aux yeux de Satoshi. Il avait quelque chose de mystérieux, quelque chose de plus par rapport aux sourires qu’il lui adressait…
De son côté, Kazunari referma la porte, content d’avoir vu son meilleur ami. Il ne l’avait pas vu depuis plus de deux semaines et il lui manquait beaucoup. Ces deux là c’était connus pendant leur adolescence, ils avaient fréquentés la même école mais depuis que chacun avait prit une voie différente les sorties et autres rencontres qu’ils faisaient s’étaient atténués.
Le blond reporta son attention sur Ohno, il semblait perdu dans le vide, l’air songeur.
- Vas t’habiller, tu vas attraper froid si tu reste comme ça. Lui avertit le plus jeune.
Sans un mot il s’exécuta. Dans la salle de bain, il s’interrogea sur la véritable nature de la relation des deux amis. Pas que ça le dérangeait mais il voulait à tout prix savoir. Le regard du dit « Jun » avait eu un air de… défi. Et quelque part ça perturbait le jeune amnésique au point qu’il en songerait toute la journée. Il devait en parler à Ninomiya.
Il fini de se préparer et sorti de la salle d’eau. Kazunari était dans le salon, une petite boîte entre les mains toujours ce sourire énigmatique sur les lèvres. Ohno parcouru la pièce en grandes enjambées et s’assit en face du jeune homme, lui qui ne voulait pas croiser le regard du plus vieux après les évènements du réveil et bien c’était râpé !
- Qu’est-ce que tu veux ? S’enquit-il en portant son regard un peu partout afin de l’éviter.
- Qu’est-ce que je dois faire pour que tu me souri de la même façon ? L’attaqua-t-il.
- Eh ? Mais de quoi tu parles ?
- Jun ! Tu lui souri vraiment, comme si plus rien n’existait.
- Ah… Ano… Il n’y a rien de particulier. Juste qu’il m’a offert ce beau cadeau pour mon anniversaire et puis c’est mon ami d’enfance alors…
- Je peux aussi t’offrir quelque chose… Mais je n’ai pas d’argent… Qu’est-ce qu’on fait généralement pendant un anniversaire ?
- Ano… Je suppose qu’on invite des proches, qu’on fait une fête et qu’on mange un gâteau.
- Un gâteau ?
- Oui. Un gâteau d’anniversaire, avec des bougies et tout le tralala.
- Je vais te faire un gâteau ! Ce sera le plus beau gâteau d’anniversaire que tu n’es jamais vu ! Et comme ça tu me souriras comme tu lui souri.
Sur ses mots il se leva et se dirigea décidé vers la cuisine laissant Kazunari perplexe. Cependant, à peine quelques secondes s’écoulèrent avant qu’il ne revienne sur ses pas.
- Ë to… Comment on fait un gâteau ? Demanda-t-il timidement.
Le blond éclata de rire. Il était vraiment adorable ! Il se leva et l’entraina dans la pièce d’à côté.

Ils passèrent l’après-midi à confectionner un jolie cake à la fraise. Ninomiya en profita pour préparer un vrai repas pour le dîner du soir.
Le gâteau était déjà dans le four lorsque Satoshi s’agaça sur des œufs, en effet ceux-ci se brisaient lamentablement entre ses mains. Kazunari vint à sa rescousse et lui montra comment tenir l’engin correctement, sans brutalité. Ohno se concentra et pour ne rater aucune miette, il se plaça derrière le jeune homme et posa son menton sur son épaule. Le propriétaire de l’épaule en question se tendit, son ami semblait avoir oublié l’épisode de ce matin même, cependant il tenta de porter toute son attention sur son jolie petit œuf qui, ma foi, était bien coriace.
- Tu n’es pas aussi doué que moi. Remarqua le plus vieux.
- C’est ce truc qui n’est pas docile ! Se défendit le blond.
- Oui, c’est sur. Pauvre petit œuf désobéissant ! Plaisanta-t-il.
Ninomiya lui donna une tape sur l’épaule, cependant sa main poudrée de farine laissa une marque sur le T-shirt de l’amnésique qui eu la pire idée machiavélique du siècle… Il attrapa du bout des doigts un peu de farine et le lança sur le plus jeune. Ce dernier fut si faussement outré qu’il riposta promptement avec les mêmes ingrédients.
La guerre débuta ! Chacun des camps se retrancha à une extrémité de la table et bombarda tous ce qui passa sous leurs mains. Ce fut une attaque sans merci, le champ de bataille fut ravagé par les bombes alimentaires. Néanmoins, chacun des actants ne semblait vouloir hisser le drapeau blanc. Mais ce fut sans compter une dernière attaque d’Ohno qui se faufila discrètement par la gauche et surprit son adversaire en l’attrapant par la taille et le criblant de chatouilles. Celui-ci demanda l’armistice dans un éclat de rire, mais l’attaquant sembla faire le sourd et continu. Jusqu’à ce qu’il renverse le pauvre jeune homme se retrouvant penché au dessus de lui, leur visage étonnamment près. Leurs rires s’envolèrent instantanément, plus aucun d’eux n’osa faire un mouvement. La distance était tellement réduite que leur souffle se rencontrait. Satoshi fit des allers/retours entre les prunelles et les lèvres du blond tout en s’approchant. Que fait-il ? S’alarma le plus jeune. S’apprêtait-il à… l’embrasser ? Les centimètres qui les séparaient se réduisaient de plus en plus et le plus vieux n’avait pas vraiment l’air de vouloir s’arrêter. Brusquement, in extremis, Kazunari recula sa tête dans le but d’éviter ces lèvres pulpeuses, toutefois, il n’avait pas évalué la distance du terrain et se cogna violemment la tête contre le carrelage.
- Ite ! Gémit-il en frottant de sa main la parcelle de douleur.
- Ohla ! Ça va ? S’inquiéta Oh-chan.
- Oui… Excuse-moi.
Il repoussa doucement son ami et se releva.
- Je vais aller prendre une douche. Oui, c’est ça ! Une douche ! Reprit-il en s’éclipsant rapidement.
Qu’est-ce que c’était que ça ? S’il n’avait pas agit ils auraient… Appuyé contre la porte de la salle de bain, il plaqua sa main contre sa bouche, caressant ses lèvres. L’aurait-il fait ou l’avait-il fait exprès ? Dans tous les cas pourquoi se sentait-il aussi mal maintenant ? C’est vrai, c’est un homme et lui aussi et puis tous deux sont de véritables étrangers alors pourquoi se poser autant de questions ?! Il fronça les sourcils avant d’enlever frénétiquement son T-shirt et de le balancer à travers la pièce.

L’arrivé du dîner approcha rapidement. Les deux jeunes hommes avaient mit un point d’honneur à s’éviter durant ce petit lapse de temps, ne se retrouvant pratiquement jamais dans la même pièce. Même si c’était absolument idiot pour l’un d’entre eux, l’autre s’évertuait à maintenir ce climat tendu.
Ils étaient à présent assis à table, mangeant dans le silence. Cette atmosphère pesante exaspéra Satoshi, mais celui-ci ne décida d’ouvrir la bouche qu’à la fin du repas.
- J’ai fais quelque chose qu’il ne fallait pas ? S’enquit-il.
- Eh ? Ano… Non pas vraiment.
- Alors pourquoi tu fais cette tête ? T’es malade ?
- Non, c’est juste que je n’arrête pas de penser à quelque chose…
- Ça a un rapport avec ce qu’il c’est passé tout à l’heure ?
Sur ses mots Ninomiya senti son cœur s’emballer. Il souhaitait vraiment connaître les intentions du jeune homme mais en même temps il ne voulait pas les entendre et c’était cette confusion qui le rendait dingue.
- Tu sais, je ne voulais pas faire ça. Reparti le plus vieux.
Et voilà ! Il s’en doutait ! Sa poitrine lui faisait atrocement mal mais il demeura totalement neutre. Il ne voulait absolument pas qu’Ohno s’en aperçoive.
- Mais en même temps j’en avais sacrément envie. Reprit-il. Te voir d’en cet état m’a comme poussé à le faire et je n’ai pas put m’en empêcher.
Kazunari était à deux doigts de la crise cardiaque tant le rythme de son muscle s’accélérait. Était-il en train de lui avouer quelque chose ?
- Tu ne m’en veux pas ? Questionna Satoshi le regard sincèrement adorable.
- Non ! Bien sur… que non. Répondit-il un peu trop promptement.
- Ouf ! Ça me rassure. J’avais peur que tu me dises de tout ramasser tout seul. S’exclama l’aîné.
- Ramasser ? Attends ! De quoi tu parles ?
- Ben de la cuisine et du carnage qu’on a fait. Pourquoi ?
Quel crétin ! Jura intérieurement le plus jeune. Il n’avait pas du tout songé à ça. Imbécile ! De quoi as-tu l’air maintenant ! Pesta-t-il contre lui-même.
- Je vais chercher le gâteau ! S’écria Ohno joyeusement.
Il revint plusieurs secondes plus tard, durant lesquels Ninomiya n’avait cessé de se frapper mentalement. Il le déposa au centre de la table ornait de bougies puis constata avec affolement qu’il manquait quelque chose. Le blond réfléchit puis, ayant trouvé le petit détail, descendit à la cave pour y remonter deux bouteilles de champagnes « Dom Perignon », un très grand millésime ! Il voulait se les réserver pour un jour très spécial mais compte tenu des évènements il se dit qu’il en avait grandement besoin et puis qui sait, l’alcool lui remettrait peut être les idées en place. Il alluma les bougies puis après quelques secondes de silence il en conclu qu’il devait les souffler mais il fut stoppé pas l’amnésique.
- Hum… avant que tu ne commence. Tu sais, tout à l’heure j’ai utilisé ton espèce de carré gris, le même qui t’a servi à trouver la recette du gâteau.
- Mon ordinateur ? Demanda le blond.
- Oui ! C’est ça ! Enfin bref… j’ai fais comme toi, j’ai cherché tout les détails nécessaires au bon fonctionnement d’une fête d’anniversaire… et je suis tombé sur quelque chose. Alors si tu veux bien, je peux ?
Ninomiya hocha la tête, curieux de savoir ce qu’il avait trouvé. Le jeune homme s’installa confortablement sur sa chaise puis commença à fredonner une petite chanson dont il ne fallait pas être un virtuose de la musique pour en reconnaître les paroles.
- Happy birthday to you. Happy birthday to you. Happy birthday to you Kazunari. Happy birthday to you!
La mélodie n’était certes pas vraiment la même mais il fallait admettre que le jeune homme avait une voix béni de tous les saints, ce qui toucha profondément le roi de la fête qui le remercia chaleureusement avant de souffler les tiges enflammées.
Ils attaquèrent de suite la pâtisserie tout en buvant le liquide doré pétillant. Satoshi ayant perdu la mémoire personne n’aurait put dire s’il avait déjà goûté à pareil cuvée mais une chose est sûr c’est qu’il aimait fortement la douceur du goût.
Ils se retrouvèrent bien vite au pied du sofa épaule contre épaule à rigoler pour parfois rien. Ninomiya paraissait avoir perdu tout sens de la réalité quand à Ohno sa tête commençait à lui tourner.
- T’es vraiment un type sensationnel ! Remarqua Kazunari.
- Oh ! Merci. T’es pas mal non plus.
- Non vraiment ! Je ne rigole pas j’apprécie réellement de t’avoir à mes côtés. Tu changes mon quotidien pourri et jamais je ne t’en remercierais assai.
- Ah oui ? Et en quoi je le change ?
- Tu vas rire mais appart le fait que tu t’es incrusté chez moi nu et que je n’ai plus de télévision ni même de shampoing et bien j’ai l’impression de perdre totalement le nord aussi.
- C’est-à-dire ?
- Ben tu sais comme tout à l’heure déjà. Lorsque tu me parler de l’état désastreux dans lequel nous avions mit la cuisine… j’ai cru pendant un instant que tu me disais que tu as faillis m’embrasser.
En même temps que ses propos il se mit à rire comme à dératé, contrairement à Satoshi.
- Oh ça ! Mais c’est le cas. Si tu n’avais pas reculé je l’aurais fais. Déclara-t-il simplement.
Ce fut comme un électro choc, comme si Ninomiya retrouva tous ses esprits. Il s’arrêta immédiatement de gloussé et regarda son homologue droit dans les yeux afin d’y voir la vérité.
Jamais plus il ne douterait des effets de l’alcool, sa tête lui tournait et ses gestes lui parus subtiles. Il percevait tous ce qui se trouvait autour de lui comme dans un songe. Un rêve dont il ne pouvait s’échapper.
Appuyé contre l’aîné, il se redressa faiblement et lui fit face le regard perdu dans ses prunelles.
- Nino ? Souffla Oh-chan.
Mais celui-ci porta son doigt sur ses lèvres outrageusement séduisantes puis glissa sa main sur sa joue.
Ni sa conscience ni ce qu’il lui restait de lucidité ne l’arrêta, il ne pouvait pas ou plutôt il ne voulait pas.
Sa bouche se colla à celle du plus vieux trop surprit pour faire le moindre mouvement. Cependant, comme cédant à toute tentation, il laissa tomber les armes et répondit au baisé en passant ses doigts dans les cheveux d’or de son ami. Leur langue s’entrecroisait et succombait au pouvoir qui les enivrait. Ils ne répondirent plus de rien laissant seulement la passion les dévorer éperdument.
Ils ne se séparèrent qu’à bout de souffle, les yeux dans les yeux, incapable de prononcer un mot. Kazunari ne savait pas réellement se qu’il ressentait à ce moment précis mais il était persuadé qu’il ne regretterait surement pas. Satoshi lui ne bougeait pas. Sa respiration cognait contre le menton du blond et se faisait rapide puis, brusquement, il plaqua sa main contre sa bouche, un haut le cœur le prenant. Il se leva en quatrième vitesse et courra le plus vite possible en direction de la salle de bain où il régurgita absolument tout le contenu de son estomac.
Il passa toute la nuit dans cet état, finissant à demi mort sur le canapé du salon. Durant ce sommeil agité il fit tout de même le plus étrange des rêves. Il était dans une pièce fortement éclairée et tout de blanc vêtu. Cet endroit était pratiquement vide, il n’y avait qu’un puits au centre d’où l’on pouvait voir les rues de la ville, les immeubles, les arbres puis la maison ! Celle de Nino ! Brusquement, il se vit aspiré dans ce trou. Petit à petit ses membres disparaissaient. La dernière image qu’il aperçu fut un visage ! Le visage d’un homme visiblement apeuré. Qui était-ce ? Avait-il un lien avec son passé ? Ça il ne le saurait peut être jamais.

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